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10 belles leçons de vie de Calvin et Hobbes

 

Calvin et Hobbes de Bill Watterson sont sans aucun doute une partie intégrante de mon enfance. Ils amusaient et faisaient réfléchir l’enfant que j’étais. Ce comics centré sur Calvin, un garçon de six ans, et son sage tigre satirique nommé Hobbes, est connu pour sa simplicité, son humour et son insouciance. Et leurs citations font aujourd’hui le tour du monde…

On les trouvait en pleine discussion sur la vie, les amis, la sagesse, l’amour et beaucoup d’autres concepts de vie. Il y a des leçons importantes à apprendre de ce duo de comics. J’étais personnellement attiré par le côté « décontracté » de l’histoire et je sais que certains aspects philosophiques resteront gravés dans ma mémoire pour le restant de mes jours. Voici 10 belles leçons de vie de Calvin et Hobbes.

1) Continuez à explorer !

Nous devons toujours être ouverts aux opportunités. J’ai connu des gens qui étaient tellement sous le poids des responsabilités de la vie moderne qu’ils oubliaient d’avoir une vision plus large. Dolly Parton dit « Ne soyez pas occupé au point de gagner votre vie au lieu de la vivre. » Dans cette course folle, nous succombons lentement à la monotonie.

Il est vrai que les meilleures choses dans la vie sont gratuites et que pour les trouver, on doit continuer à explorer. Vous ne savez jamais ce qui vous réjouirait intensément – une fleur, un inconnu de passage, le refrain particulier d’une chanson. Vous serez surpris et ce n’est pas mal de se surprendre de temps en temps au lieu de stagner dans la routine. Outrepassez vos limites et comme Calvin a dit: « C’est un monde magique Hobbes, mon vieil ami, ALLONS L’EXPLORER ! »

2) Passez du temps avec vos amis.

La vie est une aventure et pendant celle-ci nous croisons quelques personnes qui nous apprennent beaucoup, qui nous donnent de la force quand nous sommes au désespoir, qui nous aident à combattre nos peurs et qui nous offrent une joie intense. Nous choisissons d’appeler ces gens nos vrais amis. Aristote dit: « Un vrai ami est une âme dans un seul corps. » Les amis enrichissent votre âme, soyez toujours reconnaissants d’en avoir, car sans eux, vous auriez été perdu quelque part.

Calvin et Hobbes partageaient une belle amitié et ils disaient: « Les bons vrais amis sont durs à trouver, difficiles à perdre et impossibles à oublier. » Essayez toujours de passer un peu de temps avec vos amis car sans eux la vie serait terne.

3) La vraie source du bonheur

Dans ce concept particulier, Calvin et Hobbes discutent à propos de la source conditionnelle et inconditionnelle du bonheur. Nous ne pouvons pas nier que nous vivons dans un monde matérialiste et que la plupart d’entre nous sont formés à mesurer leur bonheur par rapport à la richesse qu’ils possèdent. En fait, cette mentalité a conduit droit vers un capitalisme destructif où l’avarice dirige les pensées. Mais les personnes en quête de bonheur savent que le bonheur matérialiste est éphémère. La vraie source du bonheur vient de l’intérieur et rien dans le monde extérieur ne pourra le changer. Soucieux par rapport au matérialisme des gens, Calvin et Hobbes espèrent qu’un jour les gens comprendront la valeur d’une beauté intacte, de la faune, de la solitude et du renouveau spirituel, qui sont hors de prix.

4) Changer de Perspective

Dans la vie, nous ferons face à des situations ou des gens qui nous brisent de l’intérieur. La plupart d’entre nous trouvent difficile de pardonner ou de se remettre d’une situation, mais se morfondre dans le passé ne sera pas plus productif comme cela intensifiera le dommage tous les jours. Dans ce concept, Calvin dit: « Aimez le pécheur, détestez le pêché. » Ceci implique que nous devons être capables de différencier le pêcheur et le pêché. Si vous regardez la personne qui vous a fait du mal avec de l’amour, vous pourrez ou non trouver la raison derrière leur comportement blessant, mais vous serez en paix.

5) La vie n’a pas d’ordre ni de direction

Ce concept nous décrit la sagesse de l’incertitude. Nous nous sentons à l’aise en suivant un chemin très pratiqué qui nous mène à la réussite, mais ce qui marchait hier pourrait ne pas le faire aujourd’hui.

Ici Calvin veut dire que nous devons arrêter de voir le présent avec des verres historiques. La vie n’a pas d’ordre ni de direction. On serait plus heureux à vivre le présent.

 

 6) Soyez cool.

La vie est trop importante pour être prise au sérieux. Etre sérieux ne nous emmène nulle part sauf à un déni de la réalité.

Vivez le moment, profitez des petites choses de la vie comme un enfant, ne vous faites pas piéger dans la toile des pensées et de sentiments, et n’oubliez pas qu’un peu d’humour peut mener loin !

7) Profitez du moment présent.

On ne peut profiter du présent pour deux raisons : s’inquiéter pour le futur et s’accrocher au passé. Le présent est tout ce qu’on a, et si vous ne vivez pas dans le présent vous vivez dans une illusion.

Si vous vivez dans le passé, vous ne pouvez pas le changer, il est parti. Si vous vous inquiétez par rapport au futur, vous vivez dans un endroit qui n’existe pas. La seule façon de changer votre vie consiste à profiter du présent.

8) Rien ne dure pour toujours, tout change !

« Le changement est un requin dans l’océan. Le changement ne s’arrête jamais, ne dort jamais: il doit toujours être en mouvement. La bonne nouvelle c’est que si vous détestez l’ordre des choses, elles changeront. La mauvaise nouvelle c’est que si vous n’aimez pas l’ordre des choses, elles changeront certainement aussi. La seule chose inévitable dans la vie est le changement et non la mort. Le changement est là pour rester ! »

Le changement est là pour rester et le changement est ce qui rend la vie belle. Vous profitez du soleil après des mois de jours pluvieux, vous profitez de la pluie après la plupart des ensoleillements. Une des plus ironiques et pourtant poignantes réalités de la vie, c’est que nous ne profiterions pas du soleil s’il n’y avait pas de pluie et vice versa. Le changement est, pour nous, une façon d’évoluer et de profiter de la vie.

9) Restez heureux !

Quand nous n’avons plus d’échappatoire et que nous sommes acculés, le bonheur est un choix. Il dépend de nous. Nous avons tous la capacité d’alimenter notre propre bonheur. Le bonheur n’est pas une proposition de si/quand -« Je serai heureux si… » ou « Je serai heureux quand »- c’est une volonté pas une admonestation. Comme le découvre Calvin, « Il est difficile de se disputer avec quelqu’un qui a l’air si heureux. »

10) Tout dépend de vous

Donc,

Si vous n’arrivez pas à contrôler votre beurre de cacahuète, n’espérez pas contrôler votre vie !

James Campbell, l’auteur de Boyface, partage ses conseils

Rêvez-vous d’écrire des livres? James Campbell est l’auteur des séries super drôles Boyface. Il partage ici la manière dont il écrit ses livres – et vous invite à l’imiter! Première chose: lisez beaucoup…

Au cours des 20 dernières années, j’ai visité 2000 écoles primaires, en parlant aux enfants de l’écriture et de la créativité. J’ai toujours pensé que c’était mieux de ne pas vous dire quoi faire.

Au lieu de cela, je vais vous dire ce que je fais et ce qui fonctionne pour moi. Si vous voulez m’imiter, je vous invite à le faire. Si vous ne voulez pas – bien, c’est parfait aussi!

1. Lisez beaucoup!

Ma tête est comme une grande casserole de soupe: on ne peut rien en sortir à moins de mettre quelque chose dedans.

Au fil des années j’ai lu beaucoup de livres. Quand j’étais enfant, je lisais sous ma couette avec une torche. J’adorais la façon dont les livres me remplissaient la tête et me transportaient à d’autres endroits. Aujourd’hui, je traverse des phases ; parfois je lis beaucoup de livres d’enfants, mais je passe aussi beaucoup de temps à lire des ouvrages non romanesques, souvent à propose de choses qui ne m’intéressent pas vraiment. Si je lisais seulement à propos des choses que j’aimais, vous voyez, il y a un danger de ne jamais rien trouver de nouveau. En lisant d’autres choses, il est plus probable que j’aie de nouvelles idées dans la tête.

Près de mon lit, il y a en ce moment des livres sur l’horticulture, l’escalade, la découverte de la couleur mauve et un manuel d’atelier sur la BMW E46. Plus vous lisez, mieux vous écrivez.

2. Emportez un cahier avec vous.

J’ai toujours un cahier sur moi. 99 % de mes écrits suivent ce chemin. J’utilise mon ordinateur pour tout taper, mais un papier et un crayon sont les meilleurs moyens pour écrire de manière créative. Il est important de regarder l’encre sortir du stylo lorsque je m’écoule.

Écrire des choses dans un cahier veut dire que vous n’avez pas besoin de vous rappeler de tout en une seule fois. Quand votre tête est à nouveau vide, il y a plus d’espace pour de nouvelles idées à venir. Soyez un canal de créativité : pas un étang.

3. Écrire un livre? Imaginez que vous l’avez déjà terminé!

Lorsque j’écris un livre (c’est-à-dire tout le temps), mais pas assis avec un stylo, je consacre du temps à imaginer que je l’ai fini. Je l’imagine génial et réussi et j’imagine les enfants qui le lisent et l’apprécient. Ceci m’aide à trouver le courage de continuer. Une bouilloire non surveillée ne bout jamais!

4. L’angoisse de la page blanche? Soyez patient(e).

Parfois lorsque j’écris, je suis bloqué. Je ne peux plus penser à la suite. Quand cela se produit, c’est un peu comme regarder une vidéo sur YouTube: elle s’arrête et vous devez attendre pendant qu’elle charge. J’essaie de faire la même chose lorsque j’écris. Ne commencez pas à appuyer sur les boutons ou à frapper l’écran et vous énerver que ça ne fonctionne pas. Ne décidez pas que c’est cassé et stupide et ne vous enfuyez pas. Tenez-vous simplement tranquille et attendez que cela revienne.

5. Partagez!

Quel que soit ce que j’écris, cela s’égrène toujours dans mon esprit.Je trouve qu’il est important de dire aux gens ce que j’écris. Pas pour obtenir de nouvelles idées ni pour avoir de l’aide, mais parce que cela m’aide à comprendre ce que j’essaie d’accomplir quand je dois l’expliquer à quelqu’un d’autre. N’importe qui. J’ai tendance à utiliser ma femme, mes garçons, le chien et les enfants dans les écoles que je visite. Vous pourriez tester vos idées sur votre famille, vos amis et vos animaux domestiques.

(Quelques conseils : les chiens et les chats ont une bonne qualité d’écoute. Les hamsters s’ennuient facilement.)

6. La seconde idée.

Certains amis m’ont appris une seconde expression utile: « Prends le second bus. » Ce qui veut dire: tu devrais écouter la seconde idée qui te vient à l’esprit, plutôt que choisir la première chose tout le temps.

Si vous essayez de penser à une idée pour vos écrits, la première chose qui vous vient à l’esprit n’est pas toujours la meilleure. Juste parce que c’est une réponse et qu’elle convient, ne veut pas dire que c’est la meilleure réponse. Ce ne sont pas des maths, c’est de l’art !

Continuez à penser. Continuez à écouter. Peut-être que vous trouverez quelque chose de différent. Parfois, si vous êtes vraiment intelligent(e), vous pourriez combiner des idées ensemble pour leur donner de la force et de la profondeur. Par exemple: J’ai besoin d’un nouveau méchant pour mes livres de Boyface. Pourquoi pas un tyran? Ou un garçon étrange? Un voleur? Un clown – non, je sais – c’est un garçon clown étrange!

7. Lancez-vous!

Il arrive un moment dans le livre où j’ai une idée. Je sais quel genre de chose ce sera et j’ai planifié un peu. Que fais-je ensuite?

Le truc est juste de se lancer! Je ne commence pas toujours au début non plus. Je commence généralement quelque chose vers le début du milieu. Généralement, je m’implique juste dans une partie dont j’aime l’apparence. Où que vous commenciez, l’important est de prendre une grande respiration et de vous laisser aller.

Ceci est ma partie préférée du processus d’écriture. C’est comme tomber et rire et faire pipi. Tout à la fois.

8. Finissez ce que vous commencez.

Cela m’a pris 35 ans pour commencer quelque chose, le continuer et le finir. C’est vraiment facile d’en avoir marre au milieu et d’essayer de finir une histoire trop vite. Le début est facile parce que c’est nouveau. La fin est excitante parce que j’ai presque fini et je peux courir partout pour le montrer aux gens. C’est dans cette partie du milieu que je dois vraiment faire un effort. C’est la partie ressentie comme du travail.

9. Modifiez, modifiez modifiez!

Une fois que j’ai écrit le premier brouillon en entier, c’est le moment de l’améliorer. Je mets généralement le livre de côté pendant quelques semaines et j’écris autre chose. De cette manière je peux lire l’histoire avec un regard nouveau.

Au fil du temps, je regarde chaque phrase et essaie de l’améliorer. L’histoire dit-elle ce que je veux ? Est-ce le meilleur que je puisse faire? Comment puis-je la changer? Comment puis-je l’améliorer?

10. N’ayez pas peur.

L’entrave la plus importante à mon écriture est la crainte que ce ne soit pas assez bien ou que je ne sois pas capable de le faire.

Ce genre de chose ne sert à rien du tout. Je dois m’en débarrasser d’une manière ou d’une autre. Pour moi, l’antidote de la crainte est la foi. Donc je dis toujours une petite prière avant de commencer et je demande à être guide dans mon écriture. Ceci me donne la liberté de jouer avec mon travail et de l’apprécier. Je travaille mieux quand je suis heureux.

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Transcription de l’intervention de Phil Hansen :

0:11 Pendant mes études d’art, ma main droite s’est mise à trembler, et voici la ligne la plus droite dont j’étais capable. Maintenant avec le recul, c’était bien pratique pour certaines choses par exemple mélanger un pot de peinture ou secouer un Polaroid, mais à l’époque c’était une catastrophe. C’était la fin de mon rêve de devenir artiste.

0:30 Le tremblement était en fait le résultat de mon entêtement à utiliser la technique pointilliste, des années à faire des petits points minuscules. Et à la longue, ces points qui, au départ, étaient parfaitement ronds ont commencé à ressembler à des têtards, à cause du tremblement Donc pour compenser, je serrais le stylo de plus en plus fort, ce qui a progressivement aggravé le tremblement, et donc je serrais mon stylo encore plus fort. Et c’est devenu un cercle vicieux qui a fini par causer tant de douleurs et de problèmes d’articulation que j’avais du mal à tenir quoi que ce soit. Après avoir passé toute ma vie à vouloir faire de l’art, j’ai quitté l’académie, puis j’ai complètement abandonné l’art.

1:06 Mais après quelques années, je ne pouvais pas en rester éloigné ; j’ai donc décidé d’aller voir un neurologue pour mon tremblement, et j’ai découvert que j’avais des lésions nerveuses permanentes. Il a regardé ma ligne en zigzag et a dit : « Eh bien, pourquoi ne pas simplement accepter votre tremblement ? »

1:19 C’est ce que j’ai fait. Je suis rentré chez moi, j’ai attrapé un crayon, et j’ai laissé ma main s’agiter et trembloter. Je dessinais tous ces gribouillis. Et même si ce n’était pas le type de dessin qui me passionnait vraiment, c’était très bien quand même. Et surtout, une fois que j’eus accepté mon tremblement, j’ai réalisé que je pouvais encore faire de l’art. Il fallait simplement que je trouve une approche différente pour produire les œuvres que je voulais.

1:40 Certes, j’aimais toujours le caractère fragmentaire du pointillisme, voir tous ces petits points minuscules se réunir pour former un tout unifié. Alors j’ai essayé d’autres façons de fragmenter les images où mon tremblement n’affecterait pas la composition, par exemple tremper mes pieds dans la peinture et marcher sur une toile, ou encore créer, sur une structure tridimensionnelle faite de poutres, une image en deux dimensions à l’aide d’un chalumeau. J’ai découvert que si je travaillais à une plus grande échelle avec des matériaux plus grands, ma main ne me faisait pas mal et après être parti d’une approche unique de l’art, j’ai fini par adopter une approche de la créativité qui a complètement changé mes horizons artistiques. C’était la première fois que l’idée m’est venue qu’assumer un handicap pouvait en fait stimuler la créativité.

2:28 À l’époque, je finissais mes études, et je me réjouissais d’avoir un vrai travail et d’avoir enfin les moyens d’acheter de nouvelles fournitures. J’avais cet affreux petit jeu d’outils, et je pensais que je pourrais faire bien plus avec les fournitures qu’à mon sens un artiste était censé avoir. En fait, je n’avais même pas une paire de ciseaux ordinaires. J’utilisais une cisaille à métaux jusqu’à ce que j’en vole une paire au bureau où je travaillais.

2:50 Donc, j’ai fini mes études, j’ai obtenu un emploi, j’ai reçu mon salaire, je suis allé au magasin de fournitures pour artistes et j’ai acheté comme un dingue. Puis, quand je suis rentré, je me suis assis et je me suis mis au travail pour essayer de créer quelque chose de vraiment innovant. Mais je suis resté assis là pendant des heures, et rien ne m’est venu à l’esprit. Pareil le lendemain et le surlendemain, si bien que je sombrais rapidement dans un marasme créatif. J’ai été déprimé pendant longtemps, incapable de créer. Cela n’avait aucun sens, parce que j’avais enfin les moyens de me consacrer à mon art, mais j’étais vide de créativité.

3:27 Mais, pendant que je cherchais dans le noir, je me suis rendu compte que j’étais en fait paralysé par tous ces choix, que je n’avais jamais eus jusque-là. C’est alors que j’ai repensé à mes mains tremblotantes. Assume ta tremblote. J’ai compris que, si je voulais regagner ma créativité, il fallait que j’arrête de vouloir innover à tout prix et que je me remette au travail.

3:50 Je me suis demandé si on pouvait trouver l’inspiration en se créant des handicaps ? Et si je n’avais qu’un dollar de fournitures pour travailler ? À cette époque, je passais beaucoup de soirées à — enfin, je passe toujours beaucoup de soirées chez Starbucks — mais je savais qu’on pouvait avoir un gobelet supplémentaire si on voulait. J’ai donc décidé d’en demander 50. A ma surprise, ils me les ont donnés tout de suite, puis, avec quelques crayons que j’avais, j’ai réalisé ce travail pour seulement 80 cents. Ç’a été pour moi un vrai moment d’illumination : il nous faut d’abord nous imposer des limites pour ne plus en connaître.

4:27 J’ai donc appliqué cette démarche restrictive à la toile. Que se passerait-il si, au lieu de peindre sur une toile, je pouvais peindre seulement sur ma poitrine ? J’ai donc peint 30 images, en couches superposées, chaque image représentant une influence dans ma vie. Autre exemple : et si, au lieu de peindre avec un pinceau, je ne pouvais me servir que du tranchant de la main, comme au karaté ? (Rires) J’ai donc trempé mes mains dans la peinture et j’ai attaqué la toile. J’ai effectivement frappé si fort que je me suis blessé à l’articulation du petit doigt qui est resté rigide pendant quelques semaines.

4:56 (Rires) (Applaudissements)

5:00 Et si, au lieu de compter sur moi-même, je devais compter sur autrui pour créer le contenu de mon travail ? J’ai donc vécu six jours devant une webcam. J’ai dormi sur le sol, j’ai mangé des repas à emporter, j’ai demandé aux gens de m’appeler et de partager avec moi une histoire concernant un moment qui a changé leur vie. Leurs histoires sont devenues création artistique pendant que je les écrivais sur une toile en rotation.

5:25 (Applaudissements) Et si, au lieu d’exposer mes tableaux, je devais les détruire ? Cela me semblait être le comble du handicap, être un artiste sans art. Cette idée de destruction est devenue un projet d’une année que j’ai appelé « Goodbye Art », et au cours duquel chaque composition devait être détruite après sa création. Au début de « Goodbye Art », je me suis concentré sur la destruction forcée, comme cette image de Jimi Hendrix, composée de plus de 7000 allumettes. (Rires) Puis, j’ai étendu ça à des œuvres qui se détruisaient naturellement. J’ai cherché des matériaux temporaires, tels que des aliments mâchés — (Rires) — la craie de trottoir et même du vin surgelé.

6:17 Le dernier type de destruction a été d’essayer de produire quelque chose qui en fait n’existait pas au départ. J’ai donc mis des bougies sur une table, je les ai allumées puis soufflées, et j’ai répété ce processus plusieurs fois de suite avec les mêmes bougies pour ensuite assembler les vidéos en une image plus grande. De telle façon que l’image finale ne soit jamais visible en un ensemble physique. Elle était détruite avant d’avoir jamais existé.

6:43 Dans le cadre de cette série « Goodbye Art », j’ai créé 23 pièces distinctes qui n’ont rien laissé de concret à exposer. Ce que je pensais être le comble de la limitation s’est avéré être l’ultime libération, puisque pour chaque création, sa destruction me ramenait en un point neutre où je me sentais revigoré et prêt à entamer le projet suivant. Ce n’est pas arrivé du jour au lendemain. Parfois, mes projets n’arrivaient pas à décoller, ou, pire encore, je passais des masses de temps sur une idée, et l’image finale était décevante. Mais, comme je m’étais engagé dans le processus, j’ai continué,

7:18 et il en est ressorti quelque chose d’étonnant. En détruisant chaque composition, j’ai appris à lâcher prise, à laisser passer les produits finis, à laisser passer les échecs et à laisser passer les imperfections. En retour, j’ai trouvé un processus de création qui est perpétuel et non soumis au résultat final. Je me suis retrouvé dans un état de création constante, la tête pleine de mes prochains projets et d’idées plus nombreuses que jamais.

7:45 Quand je repense à mes trois années sans création artistique, loin de mes rêves, à subsister au lieu d’essayer de trouver une autre façon de poursuivre mes rêves, j’avais renoncé, abandonné. Et si je n’avais pas accepté mon tremblement ? Car cette décision n’était pas liée seulement à l’art et à mes compétences en tant qu’artiste. Il s’est avéré qu’elle était liée à la vie et à mes compétences en tant qu’humain. Parce qu’en fin de compte, la plupart de nos actions sont routinières, avec des ressources limitées. Apprendre à être créatif à l’intérieur de nos limites est notre meilleur espoir de nous transformer et, collectivement, de transformer notre monde.

8:30 Considérer mes limites comme une source de créativité a changé le cours de ma vie. Maintenant, quand je rencontre un obstacle ou quand je me retrouve à court d’inspiration, j’ai encore du mal parfois, mais je persiste dans le processus de création et essaie de me rappeler les possibilités, par exemple utiliser des centaines de vers pour créer une image, utiliser une punaise pour tatouer une banane, ou peindre un tableau avec de la graisse d’hamburger.

9:04 (Rires)

9:06 Je me suis mis récemment à essayer d’appliquer les habitudes de créativité que j’ai apprises à des travaux que d’autres peuvent reproduire.

9:14 La restriction semble être un milieu peu propice pour cultiver la créativité, mais peut-être le meilleur moyen de nous sortir de l’impasse, de repenser les critères et de défier les normes acceptées. Au lieu de se répéter qu’il faut profiter du jour peut-être pouvons-nous penser tous les jours à profiter de nos limites.

9:39 Merci.

9:40 (Applaudissements)

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