Source originale : https://touchersensible.wordpress.com/2012/11/11/le-mystere-de-la-vie/

Chacun vit dans son monde. Un monde à notre image. Peu importe que l’on s’y sente bien, qu’on le trouve injuste, qu’on s’y sente à l’étroit ou pas à sa place, le monde tel qu’on le voit c’est nous qui l’avons créé.

Pas physiquement, mais mentalement. Nos  interactions avec le monde dépendent de la façon dont on le pense, dont on se l’est représenté.

On pourrait se faire croire que le monde existe en dehors de nous, qu’il y a une manière objective et scientifique de le percevoir, de le palper, de l’observer. C’est ce que j’ai cru pendant de nombreuses années.

Qu’il y ait un seul et unique monde, fonctionnant avec sa propre vérité et logique interne. Un univers bien mystérieux, qui échappe à notre compréhension d’humains, mais que peut-être à force d’arpenter différentes voies de la connaissance (qu’elles soient scientifiques ou mystiques), certains finissent par toucher du doigt. Belle illusion!

C’est pour cette raison que j’ai passé tant d’années à faire des études universitaires et me suis lancée dans la « recherche ». Motivée par mon désir de comprendre, de connaître le monde, de savoir d’où l’on vient. Une curiosité viscérale qui ne m’a pas quittée depuis petite. Avancer encore et toujours vers plus de connaissances. Jusqu’au jour où je réalise que ce que je croyais être un chemin me menant à la vérité et au savoir, m’a mené au constat flagrant que « je ne sais rien ». Où que j’aille, qu’elles que soient le expériences que je vive, je ne trouverai jamais de réponse à la grande question du « Pourquoi? ».

Répondre au « Comment? », oui ça on sait faire! Construire un discours sur le monde qu’il soit scientifique, métaphysique ou religieux. Les hommes s’en sont toujours donnés à coeur joie, chacun fourmille d’imagination et d’intelligence pour construire une belle image de la réalité qui l’entoure. La réalité qui colle avec nos croyances. Celles que j’ai sur moi-même. La réponse au « qui suis-je? ».

Ces derniers jours ma définition de la réalité a été vraiment ébranlée. Les expériences que je viens de vivre m’ont permis de me rendre compte combien j’étais encore attachée à une certaine vision du monde pour construire mon identité. Vision qui, pour beaucoup, me vient encore de l’extérieur. Comme un cadre de référence d’une certaine « normalité » ou « vérité sur le monde » que j’aurai fait mienne, sans avoir pris la peine de questionner sa validité.

Je me suis alors retrouvée dans une position très inconfortable, comme coincée entre deux réalités : celle de mon quotidien de la vie de tous les jours (que je pense « connaître »), et celle que j’étais en train d’expérimenter, aussi incroyable et surprenante qu’elle puisse être. J’ai passé plusieurs jours à vivre dans un grand conflit intérieur, ma tête ne voulant se résoudre à accepter ce que j’étais en train de vivre car je n’avais aucune explication « rationnelle » de ce qui se passait en moi. Et pourtant c’était là. Ca se reproduisait chaque jour. Ce n’était pas une hallucination. Ca devenait ma réalité. Ma nouvelle réalité.

Aussi surprenante et différente de l’image que je me faisais de moi-même et du monde. Il m’a fallu l’accepter. Car finalement peu importe ce que les autres pensent ou vivent dans leur monde, ce qui se passe en moi, c’est MA réalité et je ne peux nier son existence. Aussi étranges et exceptionnelles que soient ces expériences, si je les vis c’est qu’elles font partie de moi, de mon monde, de qui je suis. Ne pas les accepter, c’est me mentir à moi-même. C’est renier ma réalité, ma propre existence. Ma vérité.

Précieuse vérité que j’ai si longtemps cherché à l’extérieur et qui me perturbe quand je la rencontre enfin… Une vérité pleine de mystères, et en constant mouvement. Infinie, impalpable. A peine vécue et entraperçue, la voilà qui m’échappe déjà. Je ne peux la penser. Mais la ressentir et la vivre oui!